"Pendant 10 ans j'ai exercé, avec quelque bonheur je puis le dire,
la profession de peintre d'histoire ; élève de l'école royale des
beaux-arts j'ai vu plusieurs fois les concours m'être favorables et
je menai une existence heureuse au milieu des prestiges d'un art que
j'adorais, quand une fatalité affreuse vint me priver de mes yeux et
brisa ainsi mes pinceaux dans ma main ; un instant je cru que je
resterai aveugle et alors la mort seule était le remède à ma
souffrance morale, mais il n'en a pas été ainsi ; la vue m'est
revenue peu à peu et j'ai conservé la faculté, non plus de peindre,
mais d'écrire en m'y reprenant à longs intervalles. A mon âge le
courage ne manque pas ; profitant des études que j'avais faites dans
un collège Royal, j'appelai à mon aide le service (?) de la
littérature, et au moyen d'un instrument que j'inventai pour écrire
sans fatigue dans l'obscurité, je composai des pièces de théâtre
dont plusieurs ont déjà été représentées, et dont plusieurs encore
sont en répétition en ce moment (...)" (lettre du 22 janvier 1839 à
un "Monsieur" pour emprunter de l'argent)
l'artiste vu par ses confrères
ses écrits
ses livres
ses signatures ses autographes ses manuscrits
Lettre autographe signée à un "Monsieur" datée du 22 janvier 1839 (24 x 19
cm, recto verso) très touchante lettre de cet artiste qui perdit
la vue. Pour demander une aide financière, il retrace sa carrière de peintre et
donne des indications sur la nouvelle en tant qu'auteur dramatique et précise
qu'il a inventé un instrument pour écrire dans l'obscurité - son
correspondant a noté dans l'angle gauche haut : "rép. neg. 24 fév" - à noter
l'adresse de l'artiste : rue des Martyrs !