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Claudius Popelin
Vieux
marin, vieil artiste
Quand les vieux
loups de mer,
à bout de
leurs voyages,
Reviennent au
pays
ployant un peu
les reins,
Ils aiment à
dresser,
dans des sites
marins,
Leur petite
maison
qu'ils ornent
de treillages.
Là, devant
l'Océan
rayé par les
sillages,
Tout à leur
jardinet
planté de
romarins,
Un brûle-gueule
aux dents,
les braves
mathurins
Cultivent des
carrés
bordés de
coquillages.
Ainsi,
lorsqu'il a fait
son oeuvre
quarante ans,
L'artiste peut
laisser
à ceux d'un
nouveau temps
Le péril de
monter le vaisseau
qu'on arrime.
Et c'est un
grand bonheur si,
pendant ses
hivers,
Il est assez
lettré
pour cultiver
la rime
Et tromper ses
regrets
dans le jardin
des vers.
Aquarelle
Des roses plein la joue,
Une petite moue
Aux lèvres qui se joue
Appelant le plaisir,
La chevelure floue
Où l'or ambré se noue,
Un regard qui vous cloue
Aux ailes du désir.
C'est là, ma toute belle,
Ton image fidèle
Peinte fidèlement ;
C'est ton portrait charmant
Qu'a fait à l'aquarelle
La main de ton amant.
(Un
livre de sonnets, 1888)
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