« J’aime la nature et la vie sous toutes ses formes, m'écrit
Pacouil, et, si j'admire les grands cubistes, surtout
Braque, je n'éprouve nullement le
besoin de les suivre : mon admiration va surtout vers
Cézanne,
Van Gogh et
Dunoyer de Segonzac.
« Aux recherches de l'intelligence, je préfère l'émotion directe,
le contact avec la nature. C'est par la concentration devant
celle-ci et par la volonté de rester fidèle à son émotion, qu'on a
le plus de chance d'en donner une interprétation vivante. Mais
peindre ce que l'on sent ne veut pas dire peindre ce que l'on voit
et il fait dégager ce qu'il y a de plus permanent et de plus vivant
du sujet.
« Je n'ai nul souci de la peinture à la mode, et l'amour que j'ai
de la nature me suffit amplement pour essayer de pénétrer la vie
aussi profondément que mes moyens me le permettent. Car la peinture
doit être l'expression de la vie : c'est de la façon de se placer
devant celle-ci que l'on juge un homme. C'est la façon, large,
puissante, dont le peintre aura composé sa toile, équilibré ses
volumes et ses couleurs, en aura dosé la matière et les centres
d'intérêt, fait des sacrifices et exalté certaines parties plus
vivantes, qui font la valeur d'une toile.
« La peinture est une lutte continuelle dont on ne sort pas
toujours vainqueur, mais c'est en cherchant à augmenter ses moyens
que l'on peut espérer atteindre le but que l'on s'est proposé. »
(cité par Louis Thomas, 120 peintres, sculpteurs, graveurs,
architectes, décorateurs, Aux Armes de France, Paris, 1944)
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