Alfred Sisley

(1839 - 1899) peintre

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l'artiste vu par ses confrères

Emmanuel Fougerat, Sisley (Médecines et peintures - Laboratoire Chantereau), Innothéra, Arcueil, sans date (broché piqûre à cheval, 21 x 17 cm, 12 pages, illustrations dont hors texte en couleurs) - lettre touchante de l'artiste - un article sur la Papaïne par R. H. Monceaux + publicités médicales

 

 

 

Lhote André, Parlons peinture, Denoël et Steele, Paris, 1936 (broché, 22 x 14 cm, 320 pages, planches hors texte) - recueil d'articles : De la composition classique, Nature-peinture; Peinture-poésie, L'art et l'état, l'art et la bouche, De l'utilité des salons de peinture, Réponse à Jacques Emile Blanche, L'art italien, Henri Rousseau, Art populaire, Chassériau et l'inquiétude moderne, Renoir et l'impressionnisme, Renoir par Ambroise Vollard, Renoir Pissarro Monet Sisley, L'exposition de peinture hollandaise, L'art français vu de Belgique, James Ensor, Breughel. Exposition Boucher, A propos de Fragonard, A l'exposition Winterhalter, Exposition des frères Le Nain, Sur Courbet et Delacroix, Delacroix au Louvre, Corot chez Paul Rosenberg, Chardin au théâtre Pigalle. Les surindépendants, Oeuvres littéraires de Delacroix, Corot, Seurat, Rétrospective Toulouse-Lautrec, Rouault, Bonnard, Maria Blanchard, Dessins du Corrège et de son école, Gauguin et ses amis, Deuxième lettre ouverte à Jacques Emile Blanche, Les créateurs du cubisme...

 

Il est inexplicable que l’on se soit imaginé soudain que la lumière ne pût s’obtenir que par des tons clairs. L’histoire de la peinture prouve qu’il n’en est pas ainsi... Toute peinture, après vingt ans, baisse de ton. Elle se soutient par la distribution des valeurs. Un paysage de Gainsborough, un Canaletto, un Manet de 1867 et fait avec les vieilles recettes, j’en ai la preuve devant moi, ont plus de puissance lumineuse qu’un Sisley. Les tons entiers, opposés par taches pures, même chez Seurat et Signac, passent, se ternissent : dès que leur puissance colorante s’anéantit, le tableau meurt. (Jacques-Emile Blanche, De David à Degas, Emile-Paul)

 

ses écrits

Mon cher Duret

Avant votre départ de Paris et à la suite de la vente Hoschedé, vous avez pu constater, j’en suis sûr, le pas que j’ai fait dans l’opinion. Je n’ai donc pas besoin de vous faire l’article. Voilà l’été qui s’en va et je perds un temps qui m’est plus que jamais précieux.

Parmi vos amis de la Saintonge, ne pourriez-vous pas trouver un homme intelligent, qui aurait assez de confiance dans vos connaissances artistiques, pour se laisser convaincre par vous, qu’il ne ferait pas une mauvaise affaire, en plaçant quelque argent, dans l’achat de tableaux d’un peintre sur le point d’arriver.

Si vous le connaissez, voilà ce que vous pourriez lui proposer de ma part : 500 F par mois pendant six mois, pour trente toiles. A l’expiration des six mois, comme il peut ne pas être disposé à garder trente toiles d’un même peintre, il pourra en distraire une vingtaine, risquer une vente, rentrer ainsi dans ses débours et avoir dix toiles pour rien.
Cette dernière combinaison m’a été suggérée par Tual, le commissaire-priseur successeur de Boussaton, que j’ai vu ces jours derniers et auquel j’ai vendu une toile. Il m’a engagé fortement à faire une vente l’hiver prochain, en m’assurant du succès. Vous voyez, mon cher Duret, que l’affaire que je vous propose est tout à fait pratique et a toutes les chances de réussir. Tâchez donc de me trouver ce commanditaire.
Il s’agit pour moi de ne pas laisser passer l’été sans travailler sérieusement, sans préoccupations, pour pouvoir faire de bonnes choses, persuadé qu’à la rentrée on marchera. Petit ne sera pas éloigné, à ce moment, de me donner un coup d’épaule.

Persuadé que vous ferez votre possible pour la réussite de ce que je vous propose et, en attendant votre réponse, je vous serre la main d’amitié.

                                                                                              A. Sisley

                18 août 1878

 

Mon cher Duret

Je vous crois assez de mes amis pour, à un moment donné, faire un effort pour contribuer à me donner un coup d’épaule. Quelques-uns de mes amis, beaucoup par amitié et un peu intéressés à ce que j’arrive, me prêtent leur concours. Je compte sur le vôtre.

Je suis fatigué de végéter, comme je le fais depuis si longtemps. Le moment est venu pour moi de prendre une décision. Nos expositions ont servi, il est vrai, à nous faire connaître et en cela elles nous ont été utiles, mais il ne faut pas, je crois, s’isoler trop longtemps. le moment est encore loin, où l’on pourra se passer du prestige qui s’attache aux expositions officielles. Je suis donc résolu à envoyer au Salon. Si je suis reçu, il y a des chances cette année, je crois que je pourrai faire des affaires et c’est pour m’y préparer, que je fais appel à tous ceux de mes amis qui me portent de l’intérêt. Il faut que je puisse travailler et surtout faire voir ce que je fais, dans des conditions convenables. Je quitte Sèvres, ces jours-ci, mais je ne m’éloignerai pas de Paris.

                Sèvres, le 14 mars 1979

                                                                                              A. Sisley

 

(Ces deux lettres ont d’abord été publiées par T. Duret dans la Revue Blanche du 15/3/1899, avec d’autres ?, puis reprises dans son Histoire des peintres impressionnistes)

 

ses livres

 

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ses oeuvres

L’Estampe impressionniste, Bibliothèque nationale, Paris, 1974

 

participant à la première exposition impressionniste (1874)

 

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