Suzanne Tourte

(Cormontreuil, 51 France, 16 décembre 1904 - 1979) peintre graveur

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« J'ai, dit-elle, toujours dessiné et... chanté. Tout enfant, j'allais avec mon frère crayonner les grands arbres de la grille du cimetière, les roseaux qui bordent notre Vesle ; nous rentrions avec nos dessins et nos chants ; maman nous encourageait.

« De l'École régionale des Beaux-Arts de Reims, dont je suivais les cours avec appétit, je vins à Paris à l'École des Arts Décoratifs et aux Beaux-Arts ; ces années sont restées bien ternes dans mes souvenirs. Je m'initiais cependant au métier de la gravure, de la fresque, de la peinture à l'huile (que je trouvais très onéreuse).

« En 1929, je voyage en Italie ; en 1931, en Espagne. En 1932, je reçois le prix Blumenthal de gravure et, avec lui, je retrouve la ferveur perdue entre les murs de l'école. La vie me souriant, je lui rendis son sourire : ayant abandonné l'école, je travaille avec confiance et expose au Salon des Indépendants, Salon d'Automne, Salon des Tuileries. Je parcours la Belgique et la Hollande, puis en 1933, l'Angleterre, en 1934, l'Allemagne et la Tchécoslovaquie. Je fais partie du Sixième Groupe des Artistes de ce temps (Petit Palais) et du Salon des Jeunes Peintres d'Europe (Musée du Jeu de Paume).

« En 1935, je repars en Tchécoslovaquie avec une invitation de l'Alliance Française. Cette fois, je peux peindre à l'huile. Une exposition de mes travaux a lieu à Prague, puis à Paris.

« On me catalogue « peintre d'Europe centrale » ; j'en suis étonnée. On parle, à mon propos, de « la joie rapportée de ces pays accueillants ». Mais j'avais ce bonheur au départ et je l'ai encore : c'est lui que je tends à exprimer. Avant le travail, j'essaie d'obtenir l'état de grâce en nettoyant, en vidant ma tête et mon cœur, autant que je le peux, des choses laides et basses.

« En 1938, la Pologne m'invite pour un voyage artistique : l'ensemble des toiles et dessins réalisés là-bas est successivement exposé à Varsovie et à Poznan, et à Paris, à la Galerie des Beaux-Arts, en mars 1940.

« En 1941, exposition à Reims. En 1942, je montre à la Galerie Le Garrec un ensemble de gravures, dessins et gouaches : le catalogue est préfacé par Pierre du Colombier. Je prends part à l'Exposition d'Art Contemporain organisée à Lisbonne.

« Actuellement, je fais une série de portraits de contemporains, au crayon, destinée au Musée Carnavalet. Je me mets à la litho pour l'illustration des livres. La gouache me passionne. Par elle, je reprends l'huile avec plus de savoir. La composition m'attire. Je voudrais faire de la tapisserie.

« Je n'ai pas de dieu en peinture... et pas de principes. Je cherche à concilier mon œil et mon cœur par tous les moyens, et surtout par le travail. » (cité par Louis Thomas, 120 peintres, sculpteurs, graveurs, architectes, décorateurs, Aux Armes de France, Paris, 1944)

 

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