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par Lucie Cousturier
"L'apparence physique de Seurat était semblable à l'idée qu'on se
ferait du peintre d'après les figures élancées, raides et calmes
qu'il a créées. C'est dans une attitude rigide, où se durcissaient
ses formes hautes et pleines, qu'il équilibrait les ardentes
poussées de son âme. Nuls déplacements inquiets n'agitaient sa tête
harmonieuse et droite sur son buste, ni aucune expression de
trouble, ses traits immobiles et réguliers, encadrés de brun. Mais
l'occasion d'un bref colloque sur l'art révélait un regard brûlant
et une voix psychologique, étranglée par l'impatience d'affirmer de
chères convictions. Seurat, absorbant la tendresse de la lumière et
des êtres, était doux comme le faisait prévoir le velours de ses
yeux et des ses sourcils noirs, mais il se révélait entier et
ombrageux lorsqu'on effleurait l'être intérieur qu'il amplifiait
secrètement. Peu soucieux, d'ordinaire, de s'avancer au premier plan
des discussions et des causeries, il s'y portait tout entier quand
il espérait y nourrir le peintre. Il sortait alors de sa vie
profonde avec l'ardeur d'une louve en quête, mais on ne pouvait le
suivre dans sa retraite."
Lucie
Cousturier,
Seurat, Nanga (cartonnage illustré en couleurs
- neuf -, 22 x 15 cm, 64 pages sur papier
permanent Canson, illustré de dessins de
Seurat)
10 euros port gratuit
(France métropolitaine)
en savoir
plus
exposition du 5
février au 9 mai 2010,
Seurat,
Schirn Kunsthalle, Francfort (Allemagne)
Lucie
Cousturier fut la seule "élève" de
Seurat
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